Pêcher le homard dans le Maine

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Rockland, Etat du Maine, septembre 2008. A 25 ans, Jo est deja un vieux routier de la pêche au homard. L'activité est devenue moins attractive en cette période de crise économique. Le crustacé a perdu la moitié de sa valeur en un an. Jo continue de pêcher à un rythme effréné. Il démarre toujours son bateau une demi-heure avant que ne se lève le soleil, conformément aux horaires très réglementés de cette pêche. Dans cet Etat de l'extrême nord-est des Etats-Unis, la pêche au homard est depuis 1850 la fierté des habitants. Elle est une tradition familiale réservée aux membres du clan. L'activité assure à elle-seule plus de 80% de la production nationale. Il n'en a pas été toujours ainsi. Jusqu'au début du 19eme siècle, le homard était considéré comme un aliment vulgaire et servait d'engrais aux exploitants agricoles. Seuls les prisonniers et les domestiques en consommaient. 

Jo est propriétaire de son bateau à moteur. Nous avons rendez-vous à 05h30 du matin pour une tournée en mer. Mécaniquement, Jo répète les mêmes gestes, des gestes accompli des milliers de fois depuis qu'il a décidé, lui aussi à l'âge de 15 ans, de devenir pêcheur de homard. Il enfourche une tête pourrie de poisson sur une pique qu'il dépose dans un casier. Relié par un câble au bateau, le casier est immergé à une distance de plusieurs dizaines de mètres. Attiré par l'odeur du poisson, le homard pénètre à l'intérieur du casier. La trappe se referme. Jo attend quelques minutes puis ramène doucement à l'aide d'une poulie le casier. il inspecte sa prise. Deux homards et un crabe se sont laissés piégés. Jo prend le premier homard dans sa main, un homard noir. Il s'agit d'une femelle grainée. Dans le Maine, la réglementation proscrit la pêche de femelles portant des oeufs. Jo rejette le crustacé à l'eau. Jo se saisit du deuxième homard. Sa carapace n'a pas encore atteint 3-1/4 pouces de long. Il aura aussi la vie sauve. Le crabe passe avec succès le test. Il est placé dans un bac rempli d'eau. Au fil des heures, le bac se remplit de dizaines de homards. Prés de 12 heures se sont écoulées. Le bateau tangue. Etonnament, Jo dit qu'il ne mange presque jamais de homard. Retour à Rockland. Les dockers s'affairent. Jo vend son butin à un grossiste. Les homards sont pesés un par un. Les crustacés sont entreposés vivants dans des casiers en plastique puis immergés à proximité des docks. Ils seront nourris avec de la farine de sardine pendant plusieurs jours jusqu'à ce qu'ils atteignent un poids jugé suffisant. Stockées dans des containers, les farines attirent des milliers de mouettes sur les docks. Jo rentre chez lui profiter de cette belle fin d'après-midi ensoleillée, loin de l'odeur prégnante et un peu écoeurante du homard.

Un reportage réalisé en septembre 2008.