Le pèlerinage musulman et chrétien des 7 Saints d’Ephèse

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Tous les ans en été, depuis un demi-siècle, un petit village breton est le centre d’un rassemblement confidentiel et souvent inaperçu. Il prend un relief particulier en cette période mêlant printemps arabe et tensions communautaires religieuses. En ce jour de juillet, des pèlerins chrétiens et musulmans se rendent en au hameau des sept saints du Vieux-Marché pour y célébrer le culte des Sept Dormants d’Éphèse. Selon une légende commune aux deux religions monothéistes, au IIIe siècle, sept officiers du palais d’Éphèse, une cité grecque païenne d’Anatolie, ont été emmurés vivants par l’empereur Decius dans une grotte dans laquelle ils s’étaient réfugiés après avoir refusé d’abjurer leur foi chrétienne. La légende raconte qu’ils se seraient réveillés quelques heures après plusieurs siècles de dormition. Pour les chrétiens d’orient et d’Occident et les musulmans, ils symbolisent la résistance à l’oppression pour avoir affirmé leur croyance en un Dieu unique. Le culte aurait été introduit au Vieux-Marché par des missionnaires grecs accompagnant les commerçants d'Orient sur la route de l'étain. Un célèbre orientaliste français, Louis Massignon, artisan du rapprochement entre chrétiens et musulmans à l’époque où commençait à éclater des troubles en Algérie française, est le promoteur de cette rencontre annuelle islamo-chrétienne du Vieux-Marché. En ce mois de juillet 2012, le pèlerinage a une coloration supplementaire. En effet, il coïncide avec le début du Ramadan. Le père Jean Jacques Pérennès, directeur de l’Institut Dominicain d'études orientales du Caire, célèbre en présence de Jean-Marie Lassausse, prêtre de la Mission de France à Tibhérine en Algérie la messe du pardon dans la chapelle des Sept-Saints construite sur un dolmen. Plus tard, l’imam de la prison de Rennes, Mohammas Loueslati, psalmodie en arabe à la fontaine des sept veines, situee près de la chapelle, la sourate 18 du Coran dédiéeaux martyrs d’Éphèse. Une procession du pardon chrétien se déroule à travers champ pendant que les musulmans rompent le jeûne quelques mètres plus loin sous une tente. Plus tard, un feu de joie, le Tantad, symbolisant le renouveau est allumé dans le village. Quelques personnalités musulmanes sont présentes comme Ghaleb Bencheikh, président de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix et Mohammed Idali un calligraphe plasticien. Un couple islamo-chretien est également présent. Un rassemblement étonnant et semble-t-il unique en France. 

Un reportage réalisé en juillet 2012.