L’oeuvre du temps en Akakus

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Au sud-ouest de la Libye, aux confins du Niger et de l'Algérie, il existe un lieu que l'humain traverse sans jamais se fixer. Nous sommes au Sahara, au commencement d'un paysage insaisissable, le plateau de l'Akakus. Dans un ballet silencieux, des aiguilles de pierre de l'ère primaire se mêlent avec les dunes de sable striées. Dans ce décor austère, succession d'oueds et d'ergs, l'homme n'est plus qu'un petit point insignifiant. Des fresques rupestres d'animaux de savane africaine, peintes sur les parois caverneuses du plateau, portent le souvenir d'une civilisation pastorale qui avait prospéré en des temps bien lointains, lorsque l'eau était abondante et le désert n'avait pas commencé sa progression irrésistible. Les nomades de l'Akakus, les Touaregs, ne sauraient souiller ce sanctuaire minéral. Ils effacent toute trace de leur présence au fur et à mesure de leur déplacement. Finement ciselés par des siècles d'érosion, des pitons de grès aux formes humaines offrent un rempart incertain aux progressions des dunes. Des tapis de coquelinthes parviennent à se hisser au-dessus de la surface du sol avant que les caprices du vent ne les ensablent. Le temps poursuit son oeuvre encore pour mille ans dans le désert de l'Akakus.

Reportage réalisé en janvier 2006.