Joutes électorales dans la République des Aigles

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Koplik, Albanie, frontière monténégrine, mai 2011. En cette veille d'élection municipale, une certaine fébrilité règne dans les rues de Koplik, petite ville déshéritée située aux confins de l'Albanie septentrionale. Marquée par plus de 40 ans de dictature communiste sous la férule absurde d'Enver Hoxha, la république des Balkans se cherche un nouveau souffle démocratique. Parmi les défis qu'attendent ce pays le plus pauvre d'Europe, figure aussi la lutte contre la corruption et le crime organisé. Depuis 1991, l'Albanie s'essaie au multipartisme et connaît des changements réguliers et tendus de majorité.

En juin 2009, la courte victoire du Parti Démocrate (PD) aux élections législatives, parti d'inspiration libérale, divisait le pays. En janvier 2011, des manifestations anti-gouvernementales à Tirana matées par des unités spéciales de police faisaient quatre morts parmi les partisans du PS. Les élections municipales de mai 2011 sont attendues avec nervosité. Un climat de suspicion domine la scène politique albanaise très bipolarisée, divisée entre l’Alliance pour le Citoyen dirigée par le PD et l’Alliance pour le futur entraînée par le PS. Ces élections dépassent des enjeux strictement locaux et constituent un test de maturité démocratique pour l'Albanie. Leur bonne conduite conditionne l'ouverture des négociations d'adhésion de la République des Aigles à l'Union Européenne. Toutes les attentions sont tournées sur la capitale. Le maire de Tirana, Edi Rama, met en avant ses travaux ambitieux pour embellir les façades et barres glauques d'immeuble de l'ère Hoxha. Ses opposants stigmatisent sa mauvaise gouvernance et sa corruption.

Pendant ce temps, à l'autre bout du pays, dans la région septentrionale de Shkodra, les partisans respectifs des deux alliances électorales se mobilisent. Comme dans le reste du pays, les électeurs ne se pressent pas aux bureaux de vote. Le centre de dépouillement local est équipé d'écrans de projection diffusant aux observateurs locaux présents en masse l'image des bulletins de vote filmés un par un en temps réel. Fin des opérations de dépouillement de l'ensemble des 55 bureaux de vote trois jours et un millier de cigarettes consumées plus tard. Le PS a remporté une seule mairie dans le district de Koplik. La victoire du candidat PD dans la municipalité de Koplik est fêtée de façon tonitruante dans la nuit.

Il faudra attendre deux semaines pour connaître les résultats de Tirana. Finalement, après un premier comptage annonçant le renouvellement, à 10 voix près, du mandat du maire PS de Tirana Edi Rama, la CEC ordonnait un nouveau comptage de bulletins considérés valides après avoir été déclarés initialement nuls. Elle attribuait cette fois à quelques dizaines de voix la victoire au camp adverse du PD. Depuis, l'opposition proteste. La République des Aigles continue de chercher son souffle démocratique.

Reportage réalisé en mai 2011.